COMMUNAUTE DES BEATITUDES
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La visite de notre Saint Père, Benoît XVI, à travers paroles et images
   
 

De l'allocution de Benoît XVI lors de son arrivé en Israël (11 mai 2009)

"Le Saint-Siège et l’État d’Israël partagent de nombreuses valeurs, en particulier la préoccupation de donner à la religion sa juste place dans la société. Le juste ordonnancement des relations sociales présuppose et requiert le respect de la liberté et de la dignité de chaque être humain, que les Chrétiens, les Musulmans et les Juifs croient être créé par un Dieu aimant, à son image et à sa ressemblance."

"Aux communautés chrétiennes de Terre Sainte, je dis : par votre témoignage de foi en Celui qui a prêché la réconciliation et le pardon, par votre engagement pour défendre le caractère sacré de toute vie humaine, vous pouvez apporter une contribution significative à la cessation des hostilités qui ont trop longtemps affligé cette terre."

 
 

Du discours lors de la visite au Président de l'état d'Israël (11 mai 2009)

"La question de la sécurité durable repose sur la confiance, elle s’alimente aux sources de la justice et du droit, et elle est scellée par la conversion des cœurs qui nous pousse à regarder l’autre dans les yeux et à reconnaître le « Toi » comme mon égal, mon frère, ma sœur.

N’est-ce pas de cette manière que la société elle-même devient le « verger » (Is 32,15) où fleurissent non pas des blocs opposés et l’obstruction, mais la cohésion et l’accord ? Ne peut-elle pas devenir une communauté ayant de nobles aspirations où tous peuvent avoir un accès sans restriction à l’éducation, à un toit, à un travail, une société décidée à construire sur les fondements solides de l’espérance."

 

 

 

 
 
 
De l'allocution prononcée à Yad Vashem   (11 mai 2009)

"Je leur donnerai dans ma maison et dans mes remparts un monument et un nom (…) ; je leur donnerai un nom éternel qui jamais ne sera effacé » (Is 56, 5). Ce passage du Livre du prophète Isaïe offre les deux mots simples qui expriment solennellement le sens profond de ce lieu vénéré : yad « mémorial » ; shem « nom ». Je suis venu pour rester en silence devant ce monument, érigé pour honorer la mémoire de millions de personnes tuées dans l’horrible tragédie de la Shoah. Elles ont perdu leurs vies mais elles ne perdront jamais leurs noms, car ils sont profondément gravés dans le cœur de ceux qui les aiment, de leurs compagnons de détention qui ont survécus et de tous ceux qui sont déterminés à ne plus jamais permettre qu’une telle atrocité déshonore à nouveau l’humanité. Plus que tout, leurs noms est à jamais inscrits dans la mémoire du Dieu Tout-puissant. Il est possible de dérober à un voisin ce qu’il possède, son avenir ou sa liberté. Il est possible de tisser un réseau insidieux de mensonges pour convaincre les autres que certains groupes ne méritent pas d’être respectés. Néanmoins, quoique vous fassiez, il est impossible d’enlever son nom à un être humain." 

 
 
 

De l'homélie prononcée à Bethléem
(13 mai 2009)

"Ici, à Bethléem, au milieu de toutes sortes de contradictions, les pierres continuent à proclamer cette « bonne nouvelle », le message de la rédemption, que cette ville, plus que toute autre, est appelée à proclamer au monde. Car c’est ici que, d’une manière qui surpassa toute espérance et toute attente humaine, Dieu s’est montré fidèle à ses promesses. Par la naissance de son Fils, il a révélé la venue du Royaume de l’amour : un amour divin qui se penche sur nous afin de nous apporter la guérison et de nous relever ; un amour qui est manifesté dans l’humiliation et la faiblesse de la Croix, et qui cependant triomphe dans la gloire de la Résurrection pour une nouvelle vie.

Le Christ a apporté un Royaume qui n’est pas de ce monde, mais c’est un Royaume capable de changer ce monde, car il a le pouvoir de changer les cœurs, d’illuminer les esprits et de fortifier les volontés, de briser tous les murs de séparation. En prenant notre chair, avec toutes ses faiblesses et en la transfigurant par la puissance de son Esprit, Jésus a fait de nous les témoins de sa victoire sur le péché et la mort. Et c’est bien ce que le message de Bethléem nous appelle à être : témoins du triomphe de l’Amour de Dieu sur la haine, l’égoïsme, la peur et le ressentiment qui paralysent les relations humaines et engendrent la division là où des frères devraient habiter ensemble dans l’unité, les destructions là où les hommes devraient construire, le désespoir là où l’espérance devrait fleurir !"

 

 

 

 

 

 

De l'homélie prononcée à Nazareth
(14 mai 2009)

"Chacun de nous, comme le Pape Paul VI l’avait dit ici, a besoin de revenir à Nazareth, de contempler d’un regard toujours nouveau le silence et l’amour de la Sainte Famille, modèle de toute famille chrétienne. Ici, devant l’exemple de Marie, Joseph et Jésus, nous sommes conduits à apprécier toujours plus pleinement le caractère sacré de la famille, qui, selon le plan de Dieu, est fondée sur la fidélité d’un homme et d’une femme unis pour toute la vie dans l’alliance du mariage et ouverts au don, par Dieu, d’une vie nouvelle. Les hommes et les femmes de notre temps ont un tel besoin de redécouvrir et de faire leur cette vérité fondamentale, qui est à la base de la société ! Et combien est important le témoignage de couples mariés pour la formation de consciences droites et l’édification d’une civilisation de l’amour !"

 

 

 

 

De l'homélie prononcée aux Vêpres à la Basilique de l'Annonciation
(14 mai 2009)

"Ce qui est arrivé ici à Nazareth, loin des yeux du monde, est un acte singulier de Dieu, une intervention puissante dans le cours de l’histoire, par laquelle un enfant a été conçu pour apporter le salut au monde entier. La merveille de l’Incarnation ne cesse pas de nous mettre au défi et de nous inviter à ouvrir notre esprit aux possibilités sans limites de la puissance transformante de Dieu, de son amour pour nous, de son désir d’union avec nous. Ici, le Fils éternel et bien-aimé est devenu homme et pour nous, ses frères et ses sœurs, il est devenu possible d’avoir part à sa filiation divine. Ce mouvement d’amour qui s’abaisse et s’anéantit a rendu possible le mouvement d’exaltation par lequel nous sommes élevés au point de partager la vie de Dieu lui-même (cf. Ph 2, 6-11).
L’Esprit qui « est venu sur Marie » (cf. Lc 1, 35), est le même Esprit qui planait sur les eaux à l’aube de la Création (cf. Gn 1,2). Cela nous rappelle que l’Incarnation est un acte de nouvelle création. Quand notre Seigneur Jésus Christ a été conçu dans le sein virginal de Marie, Dieu s’est uni à notre humanité créée, entrant alors dans une nouvelle relation permanente avec nous et inaugurant une nouvelle Création. Le récit de l’Annonciation nous montre l’extrême délicatesse de Dieu. Il ne s’impose pas, il ne fait simplement que prédéterminer le rôle que Marie va jouer dans son plan de salut, il sollicite d’abord son consentement. Dans l’acte premier de la Création, il ne pouvait évidemment pas y avoir place pour un consentement de ses créatures, mais pour cette nouvelle Création, c’est ce qu’il fait. Marie représente toute l’humanité. Elle parle en notre nom à tous lorsqu’elle répond à l’invitation de l’ange. (...) Quand nous réfléchissons sur ce mystère joyeux, cela nous met dans l’espérance, dans l’espérance certaine que Dieu continue à nous rejoindre dans notre histoire, qu’il continue d’agir avec une puissance créatrice afin d’atteindre des buts qui, à vues humaines, semblent impossibles. Nous sommes mis au défit de nous ouvrir à l’action transformante de l’Esprit Créateur qui fait de nous des êtres nouveaux, qui nous fait un avec lui, et nous remplit de sa vie. Et nous sommes invités, avec une exquise courtoisie, à donner notre consentement à sa venue en nous, à accueillir le Verbe de Dieu dans nos cœurs, pour que nous soyons rendus capables de répondre à son amour et de nous ouvrir à l’amour les uns envers les autres.

 
 
 

Du discours lors de la rencontre de dialogue interreligieux à Jérusalem (11 mai 2009)

"Les premiers pas d’Abraham sur le chemin de la foi, et les pas que nous faisons pour aller ou revenir de la synagogue, de l’église, de la mosquée ou du temple, battent le sentier de notre unique histoire humaine, et ouvrent, au fur et à mesure, la route vers la Jérusalem éternelle (cf. Ap 21, 23). De la même manière, toute culture, avec sa capacité interne de donner et de recevoir, est un signe de l’unité de la nature humaine. Pourtant, l’individu n’est jamais pleinement exprimé à travers sa propre culture mais au contraire il la transcende dans sa constante recherche de quelque chose qui la dépasse. Dans cette perspective, chers amis, nous voyons la possibilité d’une unité qui n’est pas dépendante de l’uniformité. Tandis que les différences que nous individualisons dans le dialogue interreligieux peuvent parfois apparaître comme des barrières, il ne faut pas pour autant qu’elles jettent une ombre sur le sens commun d’adoration et de respect pour l’universel, l’absolu et la vérité qui pousse les membres des religions à se parler entre eux en premier lieu."

 

 
 
 
 
 

De l'homélie lors de la messe dans la vallée de Josaphat à Jérusalem (12 mai 2009)

"L’exhortation de Paul à « rechercher les réalités d’en haut » doit résonner sans cesse en nos cœurs. Par ses paroles, il nous oriente vers le plein accomplissement de la vision de foi dans la Jérusalem céleste, là où, conformément aux antiques prophéties, Dieu essuiera toute larme de nos yeux et préparera pour le salut de tous les peuples un festin (cf. Is 25 6-8 ; Ap 21, 2-4).
Voilà l’espérance, voilà la vision, qui inspire tous ceux qui aiment la Jérusalem terrestre et qui la voient comme une prophétie, la promesse de la réconciliation universelle et de la paix que Dieu désire pour toute la famille humaine. Mais, sous les murs de cette même Cité, nous sommes amenés à constater avec tristesse combien notre monde est éloigné de l’accomplissement plénier de cette prophétie et de cette promesse. Dans cette Ville Sainte où la Vie l’a emporté sur la mort, où l’Esprit a été répandu comme les prémices de la nouvelle création, l’espérance doit toujours se battre contre le désespoir, contre les frustrations et le cynisme, tandis que la paix, qui est don de Dieu et à laquelle il nous appelle, continue à être menacée par l’égoïsme, les conflits, les divisions et par le fardeau des erreurs du passé. C’est pour cela que la Communauté chrétienne de cette Cité, où eut lieu la résurrection du Christ et où fut répandu l’Esprit, doit d’autant plus tenir ferme dans l’espérance que donne l’Évangile, s’appuyant sur la promesse de la victoire définitive du Christ sur le péché et la mort, témoignant de la puissance du pardon et rendant visible la nature la plus profonde de l’Église qui est d’être signe et sacrement d’une humanité réconciliée, renouvelée et unie dans le Christ, nouvel Adam."

 
 

Du discours lors de la visite au Saint Sépulcre (15 mai 2009)

"Le tombeau vide nous parle d’espérance, de l’espérance qui ne déçoit pas parce qu’elle est don de l’Esprit de vie (cf. Rm 5, 5). C’est là le message que je désire vous laisser aujourd’hui, à la fin de mon pèlerinage en Terre Sainte. Que l’espérance se lève, toujours nouvelle, par la grâce de Dieu, dans le cœur de toutes les personnes qui demeurent sur ces terres ! Puisse-t-elle prendre racine dans vos cœurs, être l’hôte de vos familles et de vos communautés, et inspirer chacun de vous pour rendre un témoignage toujours plus fidèle au Prince de la Paix ! L’Église en Terre Sainte, qui a si souvent fait l’expérience de l’obscur mystère du Golgotha, ne doit jamais cesser d’être l’intrépide héraut du lumineux message d’espérance que le tombeau vide proclame. L’Évangile nous enseigne que Dieu peut faire toutes choses nouvelles, que l’histoire ne se répète pas, que les mémoires peuvent être guéries, que les fruits amers de la récrimination et de l’hostilité peuvent être dépassés, et qu’un avenir de justice, de paix, de prospérité et de coopération peut se lever pour tout homme et pour toute femme, pour la famille humaine tout entière, et d’une manière particulière pour le peuple qui demeure sur cette terre si chère au cœur du Sauveur."

 
 
 
 

Billet déposé au Mur occidental de Jérusalem par Benoît XVI le 12 mai 2009

Dieu de tous les âges,
Au cours de ma visite à Jérusalem, la ville de la paix, la patrie spirituelle des Juifs, des chrétiens et des musulmans, je t’apporte les joies, les espoirs et les aspirations, les épreuves, les souffrances et la douleur de tous tes peuples à travers le monde. Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, entends le cri des affligés, la peur, les privations ; Envoie ta paix sur cette Terre Sainte, sur le Moyen-Orient, sur l’ensemble de la famille humaine et bouleverse les cœurs de tous ceux qui invoquent ton nom, afin de marcher humblement sur le chemin de la justice et de la compassion. « Le Seigneur est bon pour ceux qui l’attendent, pour les esprits qui le cherchent ».

 
 
 
 

Du discours lors de la cérémonie de départ d'Israël (15 mai 2009)

"Monsieur le Président, je vous remercie pour la chaleur de votre hospitalité, qui a été très appréciée, et je tiens à rappeler que je suis venu pour visiter ce pays comme un ami des Israéliens, tout comme je suis un ami du peuple palestinien. Les amis aiment passer du temps en compagnie l’un de l’autre, ressentant une profonde détresse à la souffrance de l’autre. Aucun ami des Israéliens et des Palestiniens ne peut manquer d’être attristé par la persistance des tensions entre vos deux peuples. Aucun ami peut ne pas pleurer face à la souffrance et à aux pertes de vies humaines que les deux peuples ont endurées au cours des six dernières décennies. Permettez-moi de lancer cet appel à tous les habitants de ces terres : Plus jamais d’effusion de sang ! Plus jamais de combats ! Plus jamais de terrorisme ! Plus jamais de guerre ! Au contraire, brisons le cercle vicieux de la violence. Qu’il y ait une paix durable fondée sur la justice, qu’il y ait une véritable réconciliation et guérison. Qu’il soit universellement reconnu que l’État d’Israël a le droit d’exister et de jouir de la paix et de la sécurité au sein de frontières internationalement reconnues. Qu’il soit également reconnu que le peuple palestinien a droit à un pays souverain et indépendant, de vivre dans la dignité et de se déplacer librement. Que la solution des deux États devienne une réalité, qu’elle ne reste pas un rêve. Et que la paix se propage vers l’extérieur de ces terres ; que ces terres servent de « lumière pour les nations » (Is 42, 6), porteuses d’espoir pour les nombreuses autres régions qui sont touchées par les conflits.
Une des vues les plus tristes pour moi lors de ma visite en ces terres a été celle du mur. Pendant que je passais à côté, je priais pour un avenir dans lequel les peuples de la Terre Sainte puissent vivre ensemble en paix et en harmonie sans avoir besoin de ces instruments de sécurité et de séparation, mais plutôt du respect et de la confiance des uns envers les autres, et renonçant à toute forme de violence et d’agression. Monsieur le Président, je sais combien il sera difficile d’atteindre cet objectif. Je sais combien votre tâche est difficile, ainsi que celle de l’Autorité palestinienne. Mais je vous assure que mes prières et les prières des catholiques à travers le monde sont avec vous alors que vous poursuivez vos efforts pour construire une paix juste et durable dans cette région."